Bon vol (La page du dimanche)

AAAAA

  1. Les constats
  2. Les grands axes de modifications
  3. Améliorations en maternelle
  4. Plan de pilotage partie 1

Dans la brique de l’Avis N°3, on peut trouver ce titre à rallonge:

Mobiliser les acteurs de l’éducation dans un cadre d’autonomie et de responsabilisation accrues en renforçant et en contractualisant le pilotage du système éducatif et des écoles, en augmentant le leadership du directeur et en valorisant le rôle des enseignants au sein de la dynamique collective de l’établissement.

Je vous laisse le temps de le lire et de cogiter à sa signification…
C’est beau hein !

Avant d’approfondir la réflexion autour de ce concept, faisons le point sur la situation actuelle. Comment avons-nous fonctionné depuis la création de l’école obligatoire ?

Chaque école doit rencontrer des objectifs rédigés par le pouvoir central de l’éducation et leur mise en oeuvre est contrôlée par l’inspection.
La Commission de pilotage du système éducatif veille à ce que soient mis en place des indicateurs permettant ce contrôle et assurant les ajustements nécessaires à une évolution positive de notre enseignement.

Pour résumer: Une administration qui impose des objectifs à atteindre, des écoles qui s’efforcent d’y arriver et des inspecteurs qui vérifient qu’on fait bien « tout comme il faut » sinon, tirage d’oreille 😀
Avec le constat fait il y a quelques dimanches d’ici: la Belgique obtient les moins bons résultats de la classe !

Et alors… et alors….  le Plan de Pilotage est arrivééééé  🎶 🎶 🎶

Le plan de pilotage se veut une nouvelle approche dans la gouvernance du système éducatif. Une approche qui implique les différents acteurs du terrain en leur permettant de faire valoir leurs compétences et leurs initiatives dans une dynamique collective d’école. De ceci découle une responsabilité renforcée dans les résultats obtenus…
Si les objectifs généraux restent fixés par le gouvernement, chaque école sera amenée à établir son plan en définissant les objectifs spécifiques que l’école se propose de mettre en place pour parvenir à atteindre ces objectifs généraux.
Ce plan, une fois construit dans une dynamique participative et collaborative entre direction, PO et équipe éducative, assistés par des conseillers pédagogiques, sera ensuite discuté avec l’administration. Ceci à partir d’un dialogue avec un délégué aux contrats d’objectifs (DCO) qui sera en charge de plusieurs écoles d’une même zone et connaîtra donc bien le contexte spécifique de sa zone.

PP organigramme

Ce plan, une fois conclu, sera la feuille de route de l’école pendant une période de 6 ans et une évaluation à mi-parcours (3 ans) permettra de faire un premier bilan et de mettre en place des ajustements si nécessaire.

Sur le papier c’est magnifique… Je me suis d’ailleurs inscrite pour faire partie de la première vague des écoles se lançant dans le projet.
J’ai cependant des craintes…
peur de ne pas me voir accorder les moyens nécessaires aux idées d’améliorations qui émergeront bientôt du groupe de travail (méthode collaborative = la direction guide, coordonne, encourage, met en place des plages horaires permettant la discussion mais ne DIRIGE plus seule… pourtant ce sera elle qui devra rendre des comptes et se faire taper sur les doigts si ça foire)
peur de ce système de course aux résultats…  Il est frappant de constater que l’avis évoque le leadership, l’efficacité ou l’efficience : un vocabulaire managérial qui correspond davantage au monde de l’entreprise qu’à celui de l’école.
peur de la concurrence accrue que cela risque d’engendrer. Axer le pilotage sur des résultats « tangibles », tout en restant peu disert sur les moyens, risque d’accentuer les effets pervers du marché scolaire, au lieu de les résoudre. Quel établissement oserait une politique originale, innovante et émancipatrice, sans en avoir les moyens et au risque de sanctions si les objectifs ne sont pas atteints ?
Je crains que les établissements les plus fragiles ne se limitent au strict minimum : des plans de pilotage sans ambition car sans risque. Alors que pendant ce temps, d’autres établissements mettront en place une sélection plus stricte des élèves pour s’assurer d’atteindre des objectifs racoleurs.
Cette sélection étant engendrée par le plan de pilotage lui-même… serpent qui se mort la queue: Un plan qui favorise l’intégration d’enfant DYS comporte des risques et des enjeux mais sera moins attractif pour la population aisée qu’un plan qui prévoit un taux maximal de réussite aux épreuves du tronc commun.
peur de la pression exercée sur les acteurs de terrain tout en dégageant la Fédération Wallonie-Bruxelles de toute responsabilité.
peur des sanctions promises (audit) si les objectifs ne sont pas atteints… il faut bien agiter l’épouvantail pour « forcer » ceux qui refuseraient d’avancer dans le droit chemin.

Bref, je veux y croire… la preuve par mon engagement précoce… mais entre le rêve et la réalité j’ai peur de déchanter.

Aujourd’hui c’était très théorique.. il faut en passer par là pour comprendre les enjeux de tout ça. La semaine prochaine je parlerai plus précisément de l’expérience personnelle de cette mise en place du plan.
Celle que nous vivons à l’école depuis le mois de janvier 2018…

Celle de notre petit avion à nous 😉

 

 

 

3 commentaires sur “Bon vol (La page du dimanche)

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